Bilan des opérations logistiques effectuées dans le contexte d'un stage en Mongolie à l'été 2004

Le texte que je vous propose est tiré du rapport final déposé à la suite du projet de stage pour jeunes femmes autochtones en Mongolie réalisé par Khamtaar/Faire ensemble à l'été 2004. Il fait état des différents types d'opérations logistiques qui ont été nécessaires à la bonne marche de ce projet. Si vous souhaitez consulter le rapport final dans son ensemble, rendez-vous dans l'espace archives, section textes, ou encore cliquez ici.  Si vous avez des questions ou des commentaires à me communiquer, sachez que vous pouvez m'écrire à partir de mon profil, qui est affiché dans la section membres de l'espace communautaire de ce site. Bonne lecture!  David  ; ^)


Projet Québec/Mongolie 2004
Bilan des opérations logistiques

La mise sur pied ainsi que la réalisation du programme de stages d'immersion culturelle en Mongolie a nécessité de nombreuses opérations logistiques que l'on pourrait répartir en six grandes catégories. Viennent d'abord à l'esprit les catégories les plus évidentes, parce qu'elles sont reliées aux besoins essentiels :

- Hébergement;

- Transport;

- Nourriture;

- Santé et hygiène.

Il faut également considérer d'autres catégories d'opérations, tout aussi essentielles à la réalisation de ce programme, soit :

- La gestion de ressources humaines et matérielles;

- L'élaboration de relations d'affaires avec différents agents culturels locaux.

L'objectif de ce court texte est de présenter un compte-rendu sommaire de ces opérations, selon une structure correspondant aux trois grands moments de la réalisation logistique de ce programme.

- Les opérations relatives à la préparation pré-départ;

- Les opérations relatives à la préparation de la structure et du contenu culturel des stages en Mongolie;

- Les opérations relatives au déroulement effectif des stages en Mongolie.

Les opérations relatives à la préparation pré-départ

Avant de partir pour la Mongolie, il fallait atteindre, du point de vue logistique, deux grands objectifs, soit la tenue de séances de préparation au voyage à l'attention des stagiaires et des accompagnateurs, ainsi que certains achats de matériel nécessaire au bon déroulement des stages qu'il nous aurait été difficile ou même impossible d'effectuer en Mongolie.

Nous avons ainsi organisé, à deux reprises, des séances de préparation au voyage, qui ont pris la forme de séjours d'une fin de semaine permettant aux stagiaires et accompagnateurs de se réunir afin d'élaborer ensemble une vision concrète du voyage qui les attendait. Il a tout d'abord fallu déterminer l'endroit où allaient se tenir ces fins de semaine de formation. La première prit place à Tewkesbury, sur un site de valorisation de la culture huronne où étaient installées, autour d'une grande maison où nous avons tenus l'ensemble des ateliers de formation, plusieurs petites résidences conviviales (cabanes en bois rond, tentes et tipis). La seconde fin de semaine prit place à Saint-Jacques-de-Leeds, dans la région des Appalaches, à la résidence de Sylvie Khandjian, l'une des accompagnatrices du groupe de stagiaires. Lors de cette deuxième fin de semaine, la tenue des ateliers s'est effectuée tantôt dans la maison, tantôt à l'extérieur. Les stagiaires étaient cette fois invitées à dormir soit à l'intérieur, soit dans leur propre tente qu'elles avaient montées dans la cour arrière.

En matière de transport, étant donné que les stagiaires provenaient de diverses communautés réparties a différents endroits de la province, nous avons décidé de laisser le choix aux participantes du moyen de transport qu'elles emploieraient pour se rendre à Québec (autobus ou voiture) et de simplement rembourser ces frais de transport. Une fois les troupes mobilisées à Québec, il a été facile d'organiser un service de navette faisant le lien entre Québec et nos deux sites de formation.

Pour ce qui est de la nourriture, nous avons opté pour la solution suivante : faire une épicerie complète avant de se rendre sur les sites de formation, tout en se gardant la possibilité de compléter quelques repas avec de petits achats effectués sur place. La préparation et le service des repas ont été le plus souvent accomplis avec la participation volontaire des stagiaires et accompagnateurs, quoiqu'elle fut fortement appuyée, lors de la seconde formation, de l'aide d'une cuisinière attitrée.

En matière de santé et d'hygiène, l'organisation a été des plus faciles. En effet les lieux de formations étaient des endroits bien tenus, équipés de toilettes propres et de tous les produits sanitaires usuels. En ce qui a trait à la santé, dans l'éventualité d'un accident ou d'un trouble de santé nécessitant une intervention médicale, des voitures nous permettaient d'assurer rapidement le transport vers un hôpital ou une clinique médicale.

J'ai aussi jugé pertinent de tenir, dans le cadre de ces fins de semaine de formation, de petits ateliers d'information concernant les conditions de vie qui allaient être les nôtres en Mongolie. Nous allions habiter en campagne, dans des tentes circulaires que les Mongols appellent « ger »; notre alimentation allait se composer principalement de viande de mouton et de produits laitiers (fromage et yaourts frais, yaourt séché, lait de jument fermenté, etc.), mais aussi de légumes. Concernant la santé, il me fallait prévenir les participantes du fait qu'elles devaient apporter avec elles les médicaments qu'elles consommaient sur une base régulière en fonction de leur état de santé, et aussi leur indiquer qu'il était fortement recommandé par Santé Canada de recevoir avant le départ certains vaccins, notamment ceux contre l'hépatite A et B, la typhoïde, la polio et le tétanos.

Avant mon départ pour préparer le camp en Mongolie j'ai jugé bon de se prémunir de certains biens essentiels au bon déroulement des stages. D'abord une trousse complète de matériel de premiers soins incluant des médicaments, que l'équipe de responsables de projets ainsi que moi-même allions pouvoir utiliser si nécessaire. Nous avions également pris soin de recevoir, une semaine auparavant, une formation en secourisme offerte par l'Ambulance Saint-Jean. Nous avons également acheté trois filtres à eau, des gouttes de purification d'eau à base de chlore ainsi que plusieurs bidons flexibles, afin d'être certains de pouvoir offrir à boire en tout temps aux stagiaires une eau potable parfaitement fiable. Finalement, nous avons fait, à distance, l'acquisition d'un petit troupeau de moutons ainsi que de quelques vaches et juments à traire, afin d'être en mesure de se nourrir de façon commode une fois sur la steppe mongole. L'avenir nous aura donné raison de faire cet achat à l'avance, car à notre arrivée, le prix du bétail avait doublé…

Les opérations relatives à la préparation de la structure et du contenu culturel des stages en Mongolie

Au cours du mois précédant l'arrivée des stagiaires en Mongolie, j'ai travaillé, directement sur le terrain et principalement à partir d'Ulaanbaatar, à l'élaboration de l'ensemble des aspects pratiques du projet de stages d'immersion culturelle. Nous projetions depuis quelques mois déjà d'établir notre campement dans la municipalité de Bayantsogt, située à 100 km au Nord-Ouest de la capitale, et nous avions, pour appuyer notre démarche, une lettre d'invitation de l'ambassadeur canadien de la Mongolie à nous installer dans cette région pour toute la durée des stages.

Toutefois, l'édification du camp n'allait pas de soi. Il nous fallait tout d'abord trouver suffisamment de « ger » (tente traditionnelle mongole) pour loger tout le monde et penser aussi au moyen que nous allions utiliser pour transporter ces habitations sur place. Pour ce faire, j'ai reçu l'aide inestimable de mon partenaire logistique mongol, M. Tserenpil. C'est lui qui, en contactant parents et amis, est parvenu à rassembler les « ger » et à assurer leur transport vers Bayantsogt. C'est aussi lui qui nous a introduit auprès du maire de Bayantsogt, à qui nous devions demander une autorisation écrite de séjourner sur place. Le contact avec le Maire a été très bon et nous avons pu, grâce à lui, participer à des échanges fructueux avec les principaux agents de la communauté (les différents députés, le directeur de l'école, les responsables du centre culturel local, etc.). De ce fait, l'ensemble de la communauté a pu rapidement être mise au courant de notre présence et de nos objectifs. Nous avons également collaboré avec ces différents responsables à l'organisation de plusieurs activités fort intéressantes, par exemple la tenue d'un mini « Naadam » (joutes sportives et célébrations à l'occasion de la fête nationale mongole) à l'emplacement de notre campement, et aussi d'un festival mongol et autochtone au centre culturel, où les stagiaires et les gens de Bayantsogt étaient conviés à partager différents aspects de leur culture respective.

Évidemment, la réalité linguistique en Mongolie représentait un obstacle incontournable à la réalisation de nos projets. C'est pourquoi il a fallu embaucher rapidement des traducteurs afin de pouvoir négocier librement avec les différents intervenants mongols dont nous allions avoir besoin. C'est une amie qui m'a mis sur la piste des traducteurs que j'ai engagés, ou plutôt devrais-je dire traductrices, puisqu'il s'agissait à chaque fois de femmes. J'ai donc travaillé tout le premier mois avec une excellente traductrice mongole anglophone du nom de Chimgee, qui avait déjà beaucoup d'expérience professionnelle en matière de relations diplomatiques et commerciales, mais aussi en ce qui a trait aux grands marchés d'Ulaanbaatar. C'est seulement quelques temps avant l'arrivée des stagiaires que j'ai procédé à l'embauche de quatre autres traductrices mongoles francophones, qui allaient servir d'interprètes aux stagiaires tout au long de leur séjour.

Quelques temps après mon arrivée en Mongolie, la question de l'hébergement était donc déjà réglée. Restait notamment celle du transport et de la nourriture, pour lesquelles l'aide de Chimgee me fut d'un grand secours. Nous avons prévu ensemble la location d'un grand autobus pour les déplacements du groupe en ville ainsi que vers la campagne. L'autobus m'a également permis de transporter, en même temps que les stagiaires, une quantité importante de fruits et légumes frais à la campagne. Les denrées non périssables avaient été achetées à l'avance et expédiées à Bayantsogt en même temps que les « ger ».

L'établissement d'un campement fonctionnel dans la région de Bayantsogt visait deux objectifs essentiels. D'abord assurer une certaine qualité de vie aux stagiaires, notamment par l'aménagement d'aires de service (cuisine, espace collectif de travail, toilettes, etc.) et l'embauche de personnel attitré aux diverses tâches quotidiennes sur le camp. Puis faire en sorte que les stagiaires aient l'occasion de vivre au contact des Mongols, afin de pouvoir aborder de façon authentique les différents aspects de leur mode de vie. Ces deux objectifs ont été atteints d'un même élan, par l'embauche d'un personnel de camp mongol.

Avant l'arrivée des stagiaires en Mongolie, j'ai également œuvré à la réalisation d'un autre de nos objectifs, celui d'assurer une certaine visibilité médiatique à la présence de ce groupe d'autochtones du Québec en Mongolie. Pour ce faire, nous avons rapidement initié des liens constructifs avec un groupe d'artistes local du nom de « Ungut Ineed ». Ce groupe s'est rapidement révélé intéressé à élaborer avec nous un projet de spectacle à Ulaanbaatar et à en assurer la production ainsi que la diffusion médiatique. Le directeur de ce groupe, M. Khuselbaatar, nous a introduit à M. Boijoo, directeur de l'orchestre Folklorique de Mongolie, avec qui nous avons conclu deux ententes des plus valables. D'abord, une division de l'Orchestre allait être présente sur le site de notre campement durant quatre jours, dont le jour du mariage de Jean-Étienne et de Saraa, afin de présenter aux stagiaires divers petits concerts et ateliers d'initiation à la culture musicale traditionnelle mongole. Ensuite, ces musiciens allaient participer à notre projet de spectacle en offrant quelques numéros de leur répertoire et en permettant aux stagiaires d'élaborer avec eux quelques interprétations renouvelées de chants traditionnels autochtones.

À une semaine de l'arrivée des stagiaires en Mongolie, tout était donc préparé. Il y avait, à Bayantsogt, une équipe de travail complète qui allait assurer le bon déroulement des stages, tant du point de vue des besoins essentiels que de celui des activités culturelles. En plus d'assurer la préparation des repas, l'entretien du bétail et autres tâches journalières, ces gens allaient pouvoir, compte tenu de leurs expériences diverses, informer les stagiaires sur les différents aspects de la culture traditionnelle mongole, par exemple l'élevage des chevaux, la confection des « ger », la préparation de la viande et des produits laitiers, le sens des valeurs et croyances traditionnelles, et bien d'autres choses encore. De plus, un spectacle était prévu, dont la formule restait cependant à préciser, pour le 1er août à Ulaanbaatar…

Les opérations relatives au déroulement effectif des stages en Mongolie

Pour l'accueil des stagiaires et accompagnateurs en Mongolie, tout avait été planifié en vue de faciliter leur adaptation à ce nouvel environnement, notamment le transport du groupe par autobus nolisé dans tous ses déplacements, ainsi que le coucher à une auberge située à proximité des centres d'intérêt de la ville. Nous sommes demeurés deux jours à Ulaanbaatar avant le grand départ pour la campagne, afin de permettre à tous de bien récupérer de leur long voyage en avion. Au cours de ces deux jours, le groupe a été guidé à travers la ville à la découverte de quelques monuments et temples parmi les plus célèbres. Nous avons également assisté à un spectacle présentant un bel éventail des arts scéniques traditionnels mongols, pour lequel j'avais pris la peine de placer une réservation quelques jours auparavant. À l'issue de ces deux jours bien remplis, chacun était enthousiaste à partir vers le campement afin de découvrir les trésors que recelait la vie à la campagne…

L'expérience de la nourriture locale a eu tôt fait de surprendre la plupart des participantes, cependant que cette surprise s'explique davantage par une rupture avec les habitudes canadiennes que par l'exotisme des repas mongols. Car ces repas n'avaient rien de bien étonnant! Au menu : viande rouge, légumes, riz et pâtes, servis tantôt en soupe, tantôt en fricassées ou encore en chaussons frits ou cuits vapeur. Quelques participantes ont tout de même éprouvé de la difficulté à manger à certains moments du séjour.

Cette épreuve en accompagnait une autre, celle des troubles gastriques intermittents, qui affectent plus ou moins fortement la plupart des voyageurs en régoins éloignées. Dans deux cas seulement ces troubles auront nécessité un traitement antibiotique. Autrement, les symptômes désagréables ont été combattus par des moyens moins drastiques : la restriction pour un jour ou deux à une diète simplifiée à base de riz et d'eau (avec sels de réhydratation), et dans certains cas l'emploi de comprimés contre les maux de tête et la diarrhée. Au chapitre des premiers soins, une seule intervention a été nécessaire. Une participante s'était fait une légère entorse à la cheville alors qu'elle dévalait la pente escarpée d'une colline environnante. Après qu'une autre participante nous eut prévenu de l'incident, une voiture a aussitôt été dépêchée sur les lieux et la blessée a pu recevoir immédiatement les premiers soins avant d'être accompagnée jusqu'à son lit. Quelques jours plus tard, grâce au repos et aux bons soins, la cheville de cette personne était déjà rétablie.

Sur le camp, mon travail consistait avant tout à gérer l'inventaire du matériel acheté préalablement (nourriture, papier de toilette, chandelles, sacs de plastique, etc.) et à coordonner les activités des différents travailleurs mongols avec qui nous habitions. Pour ce qui est du contenu proprement dit des stages, les accompagnatrices décidaient, en fonction de leurs initiatives et de mes propositions ponctuelles, des activités qu'elles souhaitaient réaliser avec les stagiaires. Je m'adressais ensuite aux intervenants mongols concernés afin de m'entendre avec eux sur l'heure et la manière dont ces activités allaient se dérouler.

La dernière étape importante du projet, du point de vue logistique, consiste en la préparation des stagiaires en vue du spectacle qui allait être présenté à Ulaanbaatar à la dernière semaine du stage. Dans les jours précédant le mariage de Jean-Étienne et Saraa, nous avions eu la possibilité de travailler avec les gens de l'Orchestre Folklorique de Mongolie à la préparation de quelques pièces du répertoire traditionnel autochtone ainsi qu'une autre pièce traditionnelle mongole. Les pratiques se sont très bien déroulées, mais à l'issue de ces quelques jours passés ensemble, du travail restait à faire. C'est seulement une fois rendus à Ulaanbaatar, lors de la veille et du jour même de la présentation du spectacle, que nous avons pu pratiquer à nouveau afin de perfectionner ces performances musicales. Au cours de ces deux jours ardus de répétition, le groupe de comédiens « Ungut Ineed » est également parvenu à intégrer certaines stagiaires dans l'un de leurs sketches humoristiques qui figuraient au programme du spectacle.

Dans ce contexte particulier de la production d'un spectacle, les opérations logistiques ont surtout consisté en une aide au bon déroulement des pratiques, en pourparlers entre les intervenants mongols et canadiens afin que tout le monde s'entende sur les objectifs assignables à ce projet de spectacle, ainsi qu'à quelques opérations qui étaient devenues pour moi monnaie courante (réservation de places dans une auberge, assistance apportée aux stagiaires pour leur permettre de changer de l'argent, suggestion de restaurants, etc.).

Les derniers jours du groupe à Ulaanbaatar ont été de véritables jours de tourisme pour les stagiaires. Elles ont été divisées en petits groupes et ont pu, grâce aux services des traductrices, fréquenter à leur guise temples et musées ou encore magasiner à différents endroits. Le jour du grand voyage de retour au Canada, le groupe fut conduit à l'aéroport par autobus, comme à l'habitude. Tous nos amis et collaborateurs mongols étaient sur place pour nous souhaiter un bon voyage de retour… et nous demander de revenir les voir bientôt!

auteur ; David Poirier (2005-12-05)

Date : 2007-12-17

Dons

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